Quelque chose que j'ai eu besoin d'écrire, besoin d'extérioriser sur quelque chose qui fait parti de moi, de mon histoire.
25 mai 1996...ce jour où ma vie a basculé. Une journée que j'aimerais pouvoir oublier mais qui est à jamais gravé dans ma mémoire.
Je me réveille à 6h du matin. Je sors de ma chambre. Tout est allumé dans l'appartement. Une odeur de gaz. Je demande à maman pourquoi je sens le gaz ? Elle me répond de m'habiller. Je passe la journée chez les voisins. Papa a fait une bêtises. Je ne comprends pas ce qu'il se passe. Je passe toute la journée chez les voisins, je m'amuse, à aucun moment je ne me doute de ce qui m'attends.
Fin de journée, maman vient me chercher. Nous sommes assises dans le canapé. Et je demande tout simplement où tu es ? Elle me prend la main et me dit que les pompiers ont essayé de faire tout ce qu'il pouvait pour te sauver, mais tu es décédé. Elle devait probablement s'attendre à ce que je fonde en larmes, mais rien de ça ne se passe. Je réponds, comme si c'était une évidence, que le bon Dieu avait surement du travail pour toi. Maman restes sans voix face à ma réaction.
Quelques jours plus tard, ton enterrement. Je refuse d'aller te voir une dernière fois au funérarium. Aujourd'hui, je le regrette. Au cimetière, je me trouve à côté de maman, de nombreuses personnes m'embrassent et me disent leur condoléances. Parmi ces personnes des inconnus pour moi, quelques unes de mes institutrices, ta famille. Puis chacun leur tour il passe devant ton cercueil qui attend d'être ensevelis sous cette terre. Je m'approche à mon tour et m'arrête. Pour la première fois depuis l'annonce de ton décès, je pleure. Je crois que je réalisais seulement à cet instant que je ne te verrais plus jamais.
A la sortie du cimetière, la seule et unique fois où je vois ta première fille. Aujourd'hui encore je me considère comme fille unique, comment considérer une demi-soeur que je ne connais pas et dont je n'ai jamais entendu parler.
Au soir, je suis dans mon lit. Pour la seconde fois, je pleure, je crie, la douleur est trop forte, je tape sur mon oreiller par dépit. Je ne comprends pas. Pourquoi ? Pourquoi avoir fait ça ? Comment as-tu pu m'abandonner ? Maman essaie de me calmer. Je finis la nuit avec elle dans son lit. A la place que tu occupais.
Les jours qui suivent, je me montre forte. Je refuse de montrer ma tristesse. Je console et rassure maman comme je peux. Je lui assure qu'on s'en sortira, qu'on est forte.
Ce jour-là, tu as fais le choix de partir, de m'abandonner. Depuis ce jour, j'ai dû murir et grandir plus vite que les autres enfants. Faire comme si tout ce que je vivais était normal. Mais trouves-tu normal qu'à huit ans seulement, j'aille voir maman en lui demandant si on pourra rester dans l'appartement, car j'ai peur qu'elle ne sache pas payer les factures.
S'en suis de nombreux rendez-vous pour espérer des aides, mais à chaque la fois même chose, un refus. Nous comprenons que nous devons uniquement compter sur nous-même.
Les années passent, je grandis, je fais tout pour que maman soit fière de moi, je ne veux pas et ne peux pas la décevoir. Elle se donne tant de mal au travail pour m'offrir la meilleure vie possible.
De toi, il ne me reste que des souvenirs. Des bons, mais aussi des mauvais. Je me revois à genoux dans le canapé, à côté de maman en pleurs, car tu viens de la frapper. Je me souviens de dimanche midi, à voir les plats se fracasser contre le sol ou le mur car tu as un excès de colère. Je me revois être trainer jusqu'au travail de maman, en pleurs car tu es en colère contre moi uniquement parce que j'ai fait la réflexion que maman ne faisait pas comme ça pour mes leçons. Puis j'essaie de repenser aux bons moments, lorsque je passais tout mon temps avec toi, dans tes bras. De nos uniques vacances lorsque j'avais six ans, chez ta mère, à Port Leucate.
Puis les derniers souvenirs que j'ai de toi, à jamais gravés en moi. On sort d'une entreprise de transport. Ils t'ont promis un travail. Nous sommes dans la rue et tu me prends dans tes bras et me fait tourner en riant. Quelques jours plus tard, la veille de ta " bêtise ", je te vois pleurer, la tête dans tes bras, cette entreprise ne t'a finalement pas pris. Un énième échec pour toi. L'échec de trop. Puis lorsque maman rentre du travail. Je vais dans ses bras dans le canapé. Et tu me fais une réflexion. " Tu n'as pas intérêt à trainer sur les genoux de ta mère toute la journée ". Tu parles de la communion de mon cousin où nous devons aller quelques jours plus tard. Maman me demande d'aller me coucher. La dernière fois où je t'ai vu.
Cela fait treize ans dans quelques jours que tu es parti. Chaque année, le 25 mai, est un jour horrible pour moi. Je revis sans cesse cette journée.
A cause de toi, je ne supporte plus la cigarette, à cause de toi, je ne supporte plus l'alcool, tu es la raison pour laquelle je refuse d'en boire.
Malgré ce que tu étais, malgré ce que tu as pu faire à ma maman, malgré les difficultés que tu nous as infligées, tu me manques.
Je culpabilise de ressentir ce sentiment. Je n'en ai pas le droit. Au final, ce que tu as fait ce jour-là, m'a permis d'avoir une plus belle vie. Je ne serais certainement pas qui je suis aujourd'hui sans ce 25 mai 1996.
Je suis partagée entre vouloir te dire Merci de nous avoir délivré, et t'en vouloir de m'avoir abandonnée.
Il m'arrive encore de pleurer ton absence, de me dire que malgré tout ce que tu as fait, je t'aime. Tu restes mon Papa et lorsque je pense à toi, je veux juste garder ce dernier souvenir heureux que j'ai de toi, dans cette rue, cette journée ensoleillée, me prenant dans tes bras pour me faire tourner.
Aujourd'hui je n'espère qu'une chose, que tu sois fier de moi, je veux croire que de là où tu es, tu me vois. Je suis sure que de là où tu es, tu penses avoir fait le bon choix.
Il y a un, le 25 mai 2007, j'ai voulu te rejoindre, te retrouver. Tout allait mal pour moi. J'ai voulu te rejoindre, j'ai failli y arriver. Mais je me suis réveillée le lendemain à l'hôpital. Je me souviens de la douleur que j'ai infligée à maman, ma marraine et ma cousine. Je ne me le pardonnerais jamais.
Alors malgré tout, malgré l'alcool, malgré la cigarette, malgré le mal que tu as pu faire à maman, je ne peux m'empêcher d'avoir envie de te dire :
Tu me manques Papa, Je t'aime.
Un jour, on se retrouvera, j'espère.
25 mai 1996...ce jour où ma vie a basculé. Une journée que j'aimerais pouvoir oublier mais qui est à jamais gravé dans ma mémoire.
Je me réveille à 6h du matin. Je sors de ma chambre. Tout est allumé dans l'appartement. Une odeur de gaz. Je demande à maman pourquoi je sens le gaz ? Elle me répond de m'habiller. Je passe la journée chez les voisins. Papa a fait une bêtises. Je ne comprends pas ce qu'il se passe. Je passe toute la journée chez les voisins, je m'amuse, à aucun moment je ne me doute de ce qui m'attends.
Fin de journée, maman vient me chercher. Nous sommes assises dans le canapé. Et je demande tout simplement où tu es ? Elle me prend la main et me dit que les pompiers ont essayé de faire tout ce qu'il pouvait pour te sauver, mais tu es décédé. Elle devait probablement s'attendre à ce que je fonde en larmes, mais rien de ça ne se passe. Je réponds, comme si c'était une évidence, que le bon Dieu avait surement du travail pour toi. Maman restes sans voix face à ma réaction.
Quelques jours plus tard, ton enterrement. Je refuse d'aller te voir une dernière fois au funérarium. Aujourd'hui, je le regrette. Au cimetière, je me trouve à côté de maman, de nombreuses personnes m'embrassent et me disent leur condoléances. Parmi ces personnes des inconnus pour moi, quelques unes de mes institutrices, ta famille. Puis chacun leur tour il passe devant ton cercueil qui attend d'être ensevelis sous cette terre. Je m'approche à mon tour et m'arrête. Pour la première fois depuis l'annonce de ton décès, je pleure. Je crois que je réalisais seulement à cet instant que je ne te verrais plus jamais.
A la sortie du cimetière, la seule et unique fois où je vois ta première fille. Aujourd'hui encore je me considère comme fille unique, comment considérer une demi-soeur que je ne connais pas et dont je n'ai jamais entendu parler.
Au soir, je suis dans mon lit. Pour la seconde fois, je pleure, je crie, la douleur est trop forte, je tape sur mon oreiller par dépit. Je ne comprends pas. Pourquoi ? Pourquoi avoir fait ça ? Comment as-tu pu m'abandonner ? Maman essaie de me calmer. Je finis la nuit avec elle dans son lit. A la place que tu occupais.
Les jours qui suivent, je me montre forte. Je refuse de montrer ma tristesse. Je console et rassure maman comme je peux. Je lui assure qu'on s'en sortira, qu'on est forte.
Ce jour-là, tu as fais le choix de partir, de m'abandonner. Depuis ce jour, j'ai dû murir et grandir plus vite que les autres enfants. Faire comme si tout ce que je vivais était normal. Mais trouves-tu normal qu'à huit ans seulement, j'aille voir maman en lui demandant si on pourra rester dans l'appartement, car j'ai peur qu'elle ne sache pas payer les factures.
S'en suis de nombreux rendez-vous pour espérer des aides, mais à chaque la fois même chose, un refus. Nous comprenons que nous devons uniquement compter sur nous-même.
Les années passent, je grandis, je fais tout pour que maman soit fière de moi, je ne veux pas et ne peux pas la décevoir. Elle se donne tant de mal au travail pour m'offrir la meilleure vie possible.
De toi, il ne me reste que des souvenirs. Des bons, mais aussi des mauvais. Je me revois à genoux dans le canapé, à côté de maman en pleurs, car tu viens de la frapper. Je me souviens de dimanche midi, à voir les plats se fracasser contre le sol ou le mur car tu as un excès de colère. Je me revois être trainer jusqu'au travail de maman, en pleurs car tu es en colère contre moi uniquement parce que j'ai fait la réflexion que maman ne faisait pas comme ça pour mes leçons. Puis j'essaie de repenser aux bons moments, lorsque je passais tout mon temps avec toi, dans tes bras. De nos uniques vacances lorsque j'avais six ans, chez ta mère, à Port Leucate.
Puis les derniers souvenirs que j'ai de toi, à jamais gravés en moi. On sort d'une entreprise de transport. Ils t'ont promis un travail. Nous sommes dans la rue et tu me prends dans tes bras et me fait tourner en riant. Quelques jours plus tard, la veille de ta " bêtise ", je te vois pleurer, la tête dans tes bras, cette entreprise ne t'a finalement pas pris. Un énième échec pour toi. L'échec de trop. Puis lorsque maman rentre du travail. Je vais dans ses bras dans le canapé. Et tu me fais une réflexion. " Tu n'as pas intérêt à trainer sur les genoux de ta mère toute la journée ". Tu parles de la communion de mon cousin où nous devons aller quelques jours plus tard. Maman me demande d'aller me coucher. La dernière fois où je t'ai vu.
Cela fait treize ans dans quelques jours que tu es parti. Chaque année, le 25 mai, est un jour horrible pour moi. Je revis sans cesse cette journée.
A cause de toi, je ne supporte plus la cigarette, à cause de toi, je ne supporte plus l'alcool, tu es la raison pour laquelle je refuse d'en boire.
Malgré ce que tu étais, malgré ce que tu as pu faire à ma maman, malgré les difficultés que tu nous as infligées, tu me manques.
Je culpabilise de ressentir ce sentiment. Je n'en ai pas le droit. Au final, ce que tu as fait ce jour-là, m'a permis d'avoir une plus belle vie. Je ne serais certainement pas qui je suis aujourd'hui sans ce 25 mai 1996.
Je suis partagée entre vouloir te dire Merci de nous avoir délivré, et t'en vouloir de m'avoir abandonnée.
Il m'arrive encore de pleurer ton absence, de me dire que malgré tout ce que tu as fait, je t'aime. Tu restes mon Papa et lorsque je pense à toi, je veux juste garder ce dernier souvenir heureux que j'ai de toi, dans cette rue, cette journée ensoleillée, me prenant dans tes bras pour me faire tourner.
Aujourd'hui je n'espère qu'une chose, que tu sois fier de moi, je veux croire que de là où tu es, tu me vois. Je suis sure que de là où tu es, tu penses avoir fait le bon choix.
Il y a un, le 25 mai 2007, j'ai voulu te rejoindre, te retrouver. Tout allait mal pour moi. J'ai voulu te rejoindre, j'ai failli y arriver. Mais je me suis réveillée le lendemain à l'hôpital. Je me souviens de la douleur que j'ai infligée à maman, ma marraine et ma cousine. Je ne me le pardonnerais jamais.
Alors malgré tout, malgré l'alcool, malgré la cigarette, malgré le mal que tu as pu faire à maman, je ne peux m'empêcher d'avoir envie de te dire :
Tu me manques Papa, Je t'aime.
Un jour, on se retrouvera, j'espère.



